Nous sommes nombreux à avoir la chance de posséder un jardin. Certains cultivent leur potager, d'autres se contentent de quelques mètres carrés de pelouse ou de quelques plantes sur leur balcon. Le souci est que nous sommes près de la moitié à utiliser des pesticides en trop grandes quantités, sans prendre conscience que nous contribuons de façon non négligeable à la pollution des sols, de l'eau, de l'air, et mettons notre santé en danger.
La bonne nouvelle est qu'il est tout à fait possible de jardiner sans produit chimique et obtenir des produits de meilleure qualité.
Voici quelques conseils pour cultiver plus vert.
Les pesticides, apprenons à nous en passer !
Sur les 17 millions de jardiniers amateurs en France, 32% estiment que ces produits sont dangereux et 20 % considèrent que ces produits sont sans danger. Pourtant, que l'on traite la pelouse pour enlever les mauvaises herbes, le potager pour supprimer les pucerons ou les arbres fruitiers pour lutter contre les champignons, l'utilisation de pesticides engendre à la fois des risques pour la santé (irritation de la peau et des poumons) et pour l’environnement (pollution des nappes phréatiques, perte de biodiversité).
78 000 tonnes de pesticides ont été utilisées en 2008 en France, usages agricoles et non agricoles confondus. Notre pays est ainsi le premier consommateur européen de pesticides et le quatrième au niveau mondial.
Trop de jardiniers utilisent des fertilisants et des pesticides chimiques, sans en connaître les graves conséquences sur leur santé et en terme de pollution dans l'eau, dans le sol : légumes trop riches en nitrates et contenant des résidus de pesticides, pollution des nappes phréatiques, destruction des auxiliaires en même temps que des ravageurs...
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Pour inciter les jardiniers amateurs à changer de comportements et à prendre conscience des risques que comportent les pesticides pour la santé et l'environnement, le ministère de l'Écologie, du Développement durable, des transports et du Logement relance pour une deuxième année la campagne d'information « Les pesticides, apprenons à nous en passer ! ». Il a également édité un « Petit guide à l'attention les jardiniers amateurs » (PDF - 5.8 Mo).
Pour en savoir plus sur les impacts des pesticides, les pratiques des jardiniers et les programmes d'actions en place, consultez le site de la campagne d'information www.jardiner-autrement.fr.
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Des pratiques de jardinage permettent d'éviter le recours aux pesticides.
Au lieu de combattre les parasites et les maladies une fois qu’ils menacent les cultures, vous pouvez plutôt créer des conditions qui freinent leur développement.
- Bien choisir les variétés de plantes cultivées :
- choisir des plantes et arbres adaptés au jardin (sol, climat, exposition…) ;
- sélectionner des plantes en fonction de leur résistance ou leur tolérance aux parasites et maladies ;
- associer les plantes en fonction des voisinages qui leur sont le plus favorables. Par exemple, les plantes aromatiques (lavande, thym, sauge…) exercent une certaine protection des plantes voisines contre les insectes ravageurs.
- Varier les plantes cultivées d’une année à l’autre pour rompre le cycle de développement des parasites et limiter leur contact avec les cultures auxquelles ils s’attaquent. L’idéal, si la taille du jardin le permet, est d’attendre 3 à 5 ans selon les plantes.
- Décaler la date de semis pour que la culture soit à un stade moins sensible de son développement lorsque les parasites attaquent.
- Ne pas trop serrer les plantations et tailler régulièrement les haies et les arbustes pour faire pénétrer la lumière afin d’éviter la stagnation d’eau après la pluie et le développement des maladies.
- Couvrir le sol pour éviter le développement des mauvaises herbes. C’est la technique du paillage qui consiste à étaler une couche d’un matériau autour des plantes, sur la surface du sol, pour le protéger de l’érosion et éviter l’apparition des herbes parasites.
- Utiliser du compost ou du fumier pour améliorer la fertilité du sol et renforcer la résistance des cultures en nourrissant les plantes.
Vous pouvez aussi mettre en place une nouvelle esthétique du jardin :
- Adopter la tonte haute (6 à 8 cm), qui renforce l’enracinement du gazon et sa résistance à la sécheresse, et permet d’empêcher la germination de graines indésirables et le développement de la mousse.
- Laisser l’herbe et les fleurs vagabondes esthétiques (rose trémière par exemple) se développer dans les allées gravillonnées en terre battue, ou entre les pavés : elles prendront la place des herbes indésirables.
- Limiter les surfaces à désherber. Par exemple, privilégier les dalles ou les pavés aux surfaces gravillonnées ou sablées, plus difficiles à entretenir.
- Créer des espaces favorisant la biodiversité et la présence de certains insectes ou animaux ennemis des ravageurs donc très utiles au jardin. Par exemple, aménager des coins de végétation dense, des mares, des haies fleuries ou créer des abris plus spécifiques : nichoirs et mangeoires pour les batraciens et les oiseaux, petit muret en pierre pour les lézards.
- Prévoir des barrières physiques selon vos plantations. Par exemple, prévoir la culture des tomates en pots pour éviter les limaces.
Vous trouverez encore plus de conseils sur www.jardiner-autrement.fr
Pesticides : les précautions à prendre
Les engrais de synthèse et les produits phytosanitaires ne sont pas des substances anodines. Si vous en utilisez, soyez prudent et rappelez-vous qu'ils sont rarement indispensables. Certaines variétés horticoles ou potagères sont moins sensibles aux maladies et il existe des astuces et des techniques pour se passer des produits phytosanitaires Si cependant vous en utilisez, il faut le faire avec parcimonie, en suivant scrupuleusement le mode d’emploi, et les stocker avec précaution. Pour éviter tout accident, il vaut mieux ranger les produits dangereux en toute sécurité.
- Pour protéger votre santé :
- Utilisez des équipements de protection adaptés : gants systématiquement et en cas de besoin : combinaison, bottes, gants en nitrile, lunettes, masque…
- Lavez vos gants et vos mains après chaque traitement.
- Ne traitez pas voter jardin en cas de vent, pour éviter d’entrer en contact avec le produit.
- Pour protéger l'environnement :
- Choisissez les produits les mieux adaptés à ce que l’on veut combattre, au moment de l’année et aux conditions climatiques.
Pour cela, demandez conseil en jardinerie pour une aide au diagnostic de la maladie, et pour adapter au mieux le produit et son utilisation à la situation.
- Respectez les précautions d’emploi indiquées sur l'emballage.
- Bien traiter les déchets : après utilisation, le produit restant et non utilisable doit être mis dans une bouteille et amené à la déchèterie (et non jeté dans l’évier ou la nature).
Il existe des produits ayant moins d'impact, les produits écolabellisés
Les deux écolabels que vous trouverez le plus souvent en France pour les produits de jardinage sont l'écolabel européen et la NF environnement.
Leurs critères garantissent l'aptitude à l'usage des produits et une réduction de leurs impacts environnementaux.
Pour connaître la liste des produits de jardinage labellisés : www.ecolabels.fr.
Économisez de l'eau
- Arrosez votre jardin le matin ou le soir, l'évaporation de l'eau sera moins importante qu'aux heures les plus chaudes.
- Installez un récupérateur d'eau de pluie, vous pourrez l'utiliser pour l’arrosage de votre jardin. De plus, elle est réputée meilleure pour le jardin, car elle ne contient ni chlore ni calcaire.
- Pensez à récupérer l'eau utilisée pour laver vos légumes ou l'eau de cuisson des aliments comme les pâtes ou les pommes de terre, pour arroser vos fleurs et vos plantes en pot. Sachez que certaines eaux de cuisson peuvent être très bénéfiques pour vos plantes. Vous ferez en plus des économies d'eau.
Pour plus de conseils, consultez le site mes courses pour la planète. Vous apprendrez par exemple que l'eau des pâtes est un herbicide naturel.
C'est quoi jardiner bio ?
Par définition, le jardinage bio se fait sans l'utilisation d'engrais chimiques et de pesticides de synthèse. De ce fait, c'est une méthode favorable à la santé et préservant les sols et les nappes phréatiques.
Jardiner bio, c'est :
- Jardiner en harmonie avec la nature.
- Recycler les déchets animaux et végétaux en les compostant pour bénéficier d'un amendement naturel et maintenir un sol fertile et sain.
- Réduire la pollution en n'utilisant aucun produit chimique de synthèse : le compost assure la fertilisation, d'autres techniques permettent le contrôle des mauvaises herbes, des méthodes préventives et quelques produits non toxiques permettent de lutter contre les ravageurs et les maladies.
- Encourager la diversité en cultivant un grand choix d'espèces et de variétés, et en diversifiant les habitats pour la faune (haies, murs, tas de bois...).
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